vendredi 18 avril 2008

LES MORCEAUX LES PLUS ETRANGES DE LA VIE


Ce matin, j’ai fait ce rêve : En voiture blanche, à chenillettes, je traversais un désert froid, rocailleux, un endroit sinistre et très éloigné de la vie humaine. Je n’étais pas seul ; des scientifiques m’accompagnaient. Nous sommes arrivés à l’entrée du temple que nous avions découvert auparavant, mais que nous n’avions pas encore exploré. Cette exploration était justement l’objectif de notre mission, mais nous pressentions qu’un danger inconnu menaçait notre équipe. Je me souviens que nous hésitions à nous enfoncer dans le couloir qui menait à l’intérieur du temple. Nous fîmes néanmoins quelques pas, munis seulement d’une torche.

Nous passâmes un seuil, et puis un autre. Des bas-reliefs témoignaient de l’imagination cruelle des hommes dont les rituels avaient inspiré les décorateurs du temple. On ne voyait que des scènes de sacrifices affreux et qui exposaient l’anatomie humaine d’une façon révoltante pour une personne normale de notre époque. Il semblait qu’on avait adoré en ces lieux une divinité qui n’acceptait en guise d’offrande que les morceaux les plus étranges de la vie. Et puis devant un escalier je reconnu le masque d’un dieu qui appartient à un panthéon bien connu, mais qui, ce dieu, n’avait rien à faire là. En l’apercevant, les trois hommes qui m’accompagnaient poussèrent des cris de surprise, lesquels se transformèrent rapidement en cris d’effroi, car un passage venait de se refermer derrière nous. Nous étions prisonniers du temple !

Notre situation avait ceci d’ironique qu’elle ressemblait à celles typiques des récits d’horreur classiques – nous en avions conscience – mais il nous était interdit d’en rire, parce que notre destin ne faisait pas de doute. Nous allions mourir là, dans l’obscurité, longtemps après l’épuisement de notre torche. Je songeai (en rêve) que la peur ou la faim allait tôt ou tard s’emparer de mes compagnons, et que la folie en ferait des monstres qui se jetteraient bientôt les uns sur les autres, et sur moi aussi. Dans ces conditions, je n’avais aucune raison de souhaiter vivre davantage, mais une force irrésistible me poussa à vérifier discrètement la présence d’un canif que j’avais toujours en poche. J’avais aiguisé récemment sa lame dont l’acier était excellent, dieu merci. Et ce fut la fin du rêve.

::: ::: :::

[Image : Un passage ordinaire par reading_is_dangerous]

3 commentaires:

  1. la photo est parlante... les passages sombres de l'âme humaine et l'instinct au delà de la raison Parfois, les lames aiguisées sont plus révélatrices que nos voiles déchirés

    un autre aspect de RID

    RépondreSupprimer
  2. @Mijo

    //Parfois, les lames aiguisées sont plus révélatrices que nos voiles déchirés//

    C'est sans doute pourquoi on essaie souvent de recoudre ou de recoller nos parties -- pour profiter encore de l'action des lames...

    Cela me rappelle un autre texte :
    THE SLICES OF HIM (19 nov. 2007)

    Merci pour ce commentaire et les autres!

    RépondreSupprimer
  3. Bien intéressant, ce rêve. surtout le petit couteau de la fin.

    RépondreSupprimer