mercredi 26 mars 2008

IL N'Y A PAS DE, OUI, NON, MAUVAIS, BON, SOUCIS, OH LA LA!

il n'y a pas de soucis
il n'y a pas de soucis
il n'y a pas de soucis

oui monsieur
non monsieur
oui monsieur
non monsieur

c'est 4 euros l'heure pour l'Internet
c'est 45 euros pour la course en taxi
c'est 10 euros pour la bière
c'est je ne sais pas combien d'euros pour l'hotel

je ne sais pas
je ne sais rien
je ne veux pas savoir

le poulet est mauvais
le riz est mauvais
le boeuf est mauvais
le café ne goûte rien

oui monsieur
non monsieur
oui monsieur
non monsieur

il n'y a pas de soucis
il n'y a pas de soucis
il n'y a jamais de soucis

mardi 25 mars 2008

RACINE EST UN VERBE


La plus jolie forme de censure
ressemble à la bouche.

Je pars.

Laissez-moi ici quelques radis ou poèmes
à sujet, complément...

Une ligne pour action -- un acte en une ligne.

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[Image: Papillons souterrains de lèvres par reading_is_dangerous]

lundi 24 mars 2008

COUPEURS DE TETE


Tout le divin
Y compris les galaxies de fleurs
Leurs chants

J'attends cela, mais pas pour voir
L'oiseau rare des mots (il est de plus en plus rare)
Jusqu'au tarissement

Le dessus des mots
Veut tout dire
Mais ne dit rien du dessous :
Leur cri

La foule des phrases :
C'est le principe essentiel de la splendeur
Du vers (du ver ?) solitaire

Il y a ces mots soudés
Au bien ordinaire -- médiocre, payé
Ces mots servent comme des esclaves
Ces mots sont des ciseaux
Clic-clic les galaxies de fleurs

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[Image : Femelle terre allaitant son petit par reading_is_dangerous]



extra

SUR LA TABLE RONDE DE NOS AMOURS

Le tableau périodique des couleurs
Fait une floraison immobile
Que des fractales en expansion permanente
Placent sereinement sur leurs axes

Sur l’escalateur de la chair
Un pylone irradie ;
Il plonge sans oxygène
En quête de la quadrature du zéro

Sur la table ronde de nos amours
Le sarment : Bois, et jus.


___

dimanche 23 mars 2008

TOU-TI-TOU-TI, TOU-TOU-TI


Les oiseaux disent la venue de l’aube
Des corneilles nombreuses
Et depuis quelques jours un autre
Qui fait tou-ti-tou-ti, tou-tou-ti

Nous avons bu du vin pour Pâques
Mangé une sorte de truite, des œufs
Du riz, des fruits secs, du fromage blanc
Cela après un jour et demi de jeûne

J’ai passé la nuit à écrire un récit
Que j’ai détruit ensuite
Parce qu’il ne portait rien de neuf
Pas de tou-ti-tou-ti, tou-tou-ti

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[Image : Bourgeon universel par reading_is_dangerous]

vendredi 21 mars 2008

LA JAMBE INDIGO


Nous tous ou presque avons mal au derrière depuis le Passage de la Jambe Indigo, la nouvelle divinité qui nous visite fréquemment. Ses pouvoirs inexplicables en font un dieu absolument réel et bien présent. Elle n’attend pas la fin du monde ou un quelconque jugement dernier, lequel serait aussi sans appel (ce qui m’a toujours effrayé au point que je n’y pensais plus.)

Nous tous ou presque avons mal au derrière après le Passage de la Jambe Indigo qui voit tout, qui entend tout, qui devine tout, parce qu’elle va partout ! La Jambe Indigo pardonne tout, mais pas avant d’avoir botté systématiquement les fesses des méchants et des monstres de paresse qui refusent de comprendre par eux-mêmes qu’il faut aimer son prochain comme on voudrait être aimé de lui, sinon c’est la merdouille grosse, molle, et généralisée ; car on finit toujours par se détester soi-même comme on a détesté son prochain. Autrement dit, le contraire exact de cette formule :
Aimez-vous les uns les autres, c’est cette observation fine : Qui bottera le séant dautrui, aura le sien mêmement botté.

Nous tous ou presque avons mal au derrière après le Passage de la Jambe Indigo, mais quand Elle se fâche et écrase du talon le visage des démons, alors il n’y a rien à faire d’autre que de s’asseoir en attendant pour rien, parce qu’il ne reste jamais grand-chose à ramasser après l’épuisement de la Sainte Colère. C
est pourquoi... des pilotes d’avions bombardiers, je peux vous assurer qu’il n’en reste pas beaucoup qui obéissent encore aux ordres idiots et cruels de leurs supérieurs—la Jambe Indigo leur a sévèrement pardonné leur culpabilité.

Nous tous ou presque avons mal au derrière après le Passage de la Jambe Indigo, mais Elle s’en fout des louanges et des prières. Évoque-t-on ce sujet devant sa Sainte Cuisse, qu’Elle déclare tout de go se situer au-dessus de cela. Elle s’exprime en pliant du genou : Un mouvement lent, deux mouvements rapides… C’est le Saint Morse du Genou. Nous apprenons tous ou presque à le décoder dès l’enfance. Et nos danses… sont théologiques, merveilleuses, ravissantes.

Nous tous ou presque avons mal au derrière après le Passage de la Jambe Indigo, mais cette fois-ci nous tentons de comprendre la signification de ce court commandement qu’Elle nous a exprimé tout récemment. Le membre Tout-Puissant a dit : « Aimez l’impossibilité d’aimer ! »

Si j’ai bien sûr ma théorie pour expliquer en longueur le sens profond de ce message un peu trop succinct au goût de quelques-uns, j’hésite toutefois à l’exposer ici, trop vite, pendant que nous tous ou presque souffrons encore du postérieur.
Nous tous ou presque avons en effet mal au cul, et bien mal.

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[Image :
Passage de la Jambe Bleu de Cobalt, Sœur de la Jambe Indigo par reading_is_dangerous]

mardi 18 mars 2008

JOUETS, SAVATE, LICHEN, INVITATION


Des fers chauds. Des mauvais jouets. Des flétrissures pour l’épaule ou l’intérieur du nez. La boule de mon âme espérait pourtant un amusement paisible.

Je jouais donc avec mes doigts, jetant ces serviteurs les uns à la poursuite des autres. Ils bondissaient comme des cerfs. Ils bondissaient comme des chiens. Ils se poursuivaient méthodiquement quand deux d’entre eux—les cerfs—se brisèrent les os en glissant sur la marqueterie.

La douleur m’envahit. Une sorte de gourmandise implantée me poussa bientôt à me casser trois autres doigts. Au bout de la douleur, je découvris un surhomme. C’était un moine. Il était couché. Il se tournait de côté et d’autre en roulant une vie très différente de la mienne. Ce qui demeurait chez moi de l’ardeur n’était plus chez lui que les sursauts d’un organisme abandonné au délabrement et à la ruine.

Le moine portait des lunettes noires ; dans ses oreilles, des bouchons. Ses poumons lambinaient, mais la faim semblait toujours le talonner. Le moine avala un canard laqué, et puis il m’expliqua que la nourriture descend dans l’estomac… Depuis l’intestin, la nourriture-canard passe candidement au sang, lequel monte à la tête—où ça tourne—avant de redescendre dans l’étrier. « L’imagination est cette monture qui vous emporte vers l’horizon de la pensée, » dit le moine.

Nous pensons ce que nous mangeons.

Je n’aime pas trop la moinerie, alors je me suis coupé les doigts qui restaient, façon de m’assurer de ne jamais revoir mon surhomme. Boucherie ! Avec la tranche d’une feuille de papier, j’ai tout coupé.

J’écris maintenant avec les dents—des pensées de savate, des pensées de lichen, des combinaisons pour rester en vie. J’écris aussi des notes, des commentaires spécialisés, des hypothèses folles sur l’avenir ou l’origine des salades. La partie la plus technique aboutit sur une page dont l’accès est réservé. Ecrivez-moi si vous aimeriez que je vous invite. Mon adresse, vous la connaissez. J’ai dit technique. Je ne rigole pas.

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[Image : Quand mon canard aura une brosse à dent par reading_is_dangerous]

samedi 15 mars 2008

LA PORTE DES VERS


Au milieu de la nuit. La porte des vers me dit de rester où je suis. Ce ne sont plus des vers qui passent par là, mais toute chose bonne à manger et qui trouve le chemin de la porte. Des moitiés de souris. Des morceaux abandonnés. Des bouts de centre.

La vie coule entre les rives de l’inexistence. Je l’ai déjà dit ailleurs que je ne suis qu’un canot. Un pont. Un homme traversant. Un pied ici, un pied là. J’avais aujourd’hui envie d’écrire un poème qui ne ferait guère de sens. Pour copier la vie, la nôtre.

Une rivière passe par la porte. Des vers me disent de bouger avec eux. Nous ne passons plus par là où des souris trottinent en portant les bouts abandonnés des poèmes d’un constructeur de pont. Voici un gué. Une nuit ici, une nuit là.

J’avais aujourd’hui envie d’hier. Un pied d’existence. Mon canot coule sous ton pont. Je suis l’homme traversant le centre. Je suis le morceau bon à manger et qui trouve le chemin de ta porte dans la nuit. Un ver ici, un ver là. Les rives écrivent un bout : « Reste où tu es. »

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[Image : Rester au centre par reading_is_dangerous]

jeudi 13 mars 2008

UNE FALAISE EN CARTON


Une falaise en carton. On s’en sert pour empaqueter ses vertiges et ses fantasmes de meurtres. La falaise en carton peut aussi servir de cale. « Qu’est-ce que c’est que cela sous votre pied ? » vous demande-t-on. « Ma falaise en carton, » répondez-vous. On vous croit fou...

Pour montrer à tous de quoi il s’agit, vous sautez en bas de la falaise en carton. En bas : La mer est faite de dentelle. L’eau salée vous prend dans ses bras…

Dans la mer de dentelle, il y a ce qu’on appelle la dentelle de mer et qui est l’habitation collective de certains polypes. Ces animaux remontent vers vous, poussés par la curiosité, car c’est la première fois qu’on plonge dans la mer à cet endroit, au pied de la falaise en carton. Les polypes vous grignotent…

Il ne reste bientôt de vous plus rien que les os, mais vous avez appris à nager. Elle est maintenant loin derrière vous, la falaise de carton. Lointaine ! Lointaine ! Vous n’êtes qu’un squelette pauvre et nu, mais vous nagez dans la dentelle. Vous pratiquez le crawl, la brasse, le papillon… Et quand la fatigue vous gagne...

L’os flotte. Vous dérivez sur des courants de dentelle. Longtemps ! Longtemps ! Vous dérivez pendant que votre charpente osseuse se disjoint. Un tibia est parti d’un côté... Une omoplate s’en va par là… Chaque fois il faut choisir : Avec quel os voyager jusqu’à la fin ? Peut-être avec l’omoplate de gauche ? « Tiens, la mâchoire inférieure… »

La falaise en carton. On s’en sert pour se désemboîter de soi-même et de ses propres crimes. Elle peut aussi servir de coin (il suffit de la plier convenablement). « Qu’est-ce que vous faîtes dans ce coin ? » vous demande-t-on. « Je réfléchis, » répondez-vous. On vous croit fou.

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[Image: Le sommeil de la dentelle de mer par reading_is_dangerous]

lundi 10 mars 2008

LE BOUCLIER DE MA NAUSEE



= Les mots du ventre =
2

La nausée survient généralement quand l’estomac rejette une substance dont la digestion semble impossible ou dangereuse, mais elle agit parfois quand la raison refuse de considérer un fait qui menace de la troubler trop violemment. Dans le second cas, l’envie du vomissement vient peut-être à la rescousse de la personne bouleversée en occupant le « devant de la scène » pendant que le cerveau procède en coulisse à des changements rapides pour faciliter l’absorption préliminaire du choc ressenti. Si tout va bien, la victime subira un traumatisme psychologique qui sera plus ou moins léger, sinon la raison va basculer dans une crise d’hystérie, dans une dépression soudaine ou la folie profonde. Autrement dit, le désarroi va s’emparer du « continuel spectacle émotif » qu’est la représentation subjective de la réalité.

En résumé : Quand la réalité se traduit par une représentation subjective intolérable, le cerveau commande à l’estomac une violente diversion.

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[Image: Le bouclier de ma nausée par reading_is_dangerous]

vendredi 7 mars 2008

SUSTENTIALISME



= Les mots du ventre =
1

Écrire ne suffit pas. Il faut donner à l’écrit une forme qui dépasse la simple juxtaposition des mots sur la pensée.

La nécessité d’atteindre une écriture extraordinaire apparaît à l’écrivain comme au lecteur dès qu’est ressenti le premier effet du plaisir, et puis du soulagement ou de la cicatrisation, s’il y a eu blessure, mais je crois que la forme élevée de l’écriture répond avant tout au besoin de se sustenter. Je dis que la poésie est sustentialiste.

Les mots nourrissent l’esprit autant que l’oxygène, la digestion, les sensations, les sentiments, les souvenirs. Il faut alimenter l’âme avec des phrases vivantes, des textes créatifs, neufs (quelque soit leur âge), clairs, originaux, qui soient sincères ou artificiels, mais dont la beauté, la vigueur ou la sauvagerie sache apporter l’énergie vitale qui est nécessaire à l’esprit. Le mot est une parcelle d’existence, une façon d’exister. On enlace la phrase qui respire, on embrasse le texte qui danse de joie.

Boileau disait : « Le poète s’égaye en mille inventions. »


Les dépouilles des nombreuses phrases mortes, abattues par les virgules du pouvoir (je sais de quoi je parle) sont rendues à leur paragraphe à condition qu’un mot parent accepte d’accuser publiquement les « facteurs indésirables » qui gènent la puissante nomenclature locale. Les académiciens occidentaux soutiennent tacitement ce style répugnant. Mon hypothèse, c’est que cela sert à obtenir le silence d’un spécialiste moscovite qui grognait de mécontentement après qu’on eut vu poindre le bourgeon kosovar. Dépouilles ? Mais quest-ce que je dis ?

Le printemps brille. Je relis à sa lumière cette œuvre pratique d’Henri Michaud : Face aux verrous. En voici un extrait :

De V…

Le Gouvernement ne renouvelle plus les contrats de chaleur. Les dettes de corps ont été augmentées. La psychologie des réduits a été étudiée de façon qu’il n’en reste plus.


Les Officiers de l’Oreille du Cadre veillent.

(1967)

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[Image: Le Sang Sûr Du Centaure ou On déplacera la tête des obstructionnistes par reading_is_dangerous]

mardi 4 mars 2008

LA VIE DES OISEAUX



= désordre en Arménie =
6

Je n’ai rien pu écrire depuis deux jours. Le décès d’une dizaine de personnes lors des émeutes de samedi soir dernier, à Erevan, m’a bouleversé, d’autant que le mystère subsiste sur les circonstances exactes de la tragédie. Le président de la république a décrété l’état d’urgence le soir même ; la censure signifie que pendant les vingt prochains jours nul ne pourra évoquer la situation politique actuelle autrement qu’en répétant les informations officielles. La rédemption du droit de parole, si on peut l’appeler comme ça, coïncidera donc avec la Pâques.

La vérité—c’est espérer beaucoup—arrivera aussi avec la fin du carême que j’observe avec plaisir, car l’abstinence du vin me renforce le foie. J’aurais pourtant bu un petit verre, par exemple, une eau-de-vie de cornouilles, lorsque je réfléchissais aujourd’hui à ma conversation de dimanche : Quand nous discutions, mes amis et moi, au sujet de la violence meurtrière de la veille. Nous avons déjà oublié ou presque l’intervention des policiers à la place de la Liberté…

Je n’ai rien bu. J’ai longtemps marché. Le soir venu, debout sous la pluie, j'ai surveillé des corneilles perchées au sommet d’un platane. On aurait dit qu’elles complotaient quelque sinistre et cruelle provocation. Et puis je songeai que la vie des oiseaux est bien dure... Surtout en ville, à notre époque, quand les rats ont de plus en plus faim.


Articles précédents, dans la série « désordre en Arménie »:
#1 Brouillamini
#2 Pizzas pour tous
#3 La Place de la Liberté
#4 La grande rumeur
#5 Les barres



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[Image : Eux par reading_is_dangerous]

Cette page retrouvera bientôt son programme plus ou moins régulier.

samedi 1 mars 2008

LES BARRES



= désordre en Arménie =
5

« Tout le monde a des barres de fer, » disent deux amis qui m’ont téléphoné pour me conseiller de rester chez moi, ce soir. Ils parlaient des contestataires qui sont restés rassemblés à Erevan, à proximité de l’ambassade de France, ce soir.

Cet après-midi, j’ai vu là-bas cent mille personnes ou plus. Un chef contestataire affirmait que la foule comptait six cent mille personnes, mais je ne saurais pas confirmer cette estimation, car on se trouvait en terrain plat. Il y avait des femmes et des enfants ; il ne doit plus rester maintenant que des hommes armés (10 000+?) qui se sont barricadés derrière des autobus et des véhicules abandonnés. J’ai vu qu’on réduisait des pavés en morceaux plus petits, cela en préparation des prochains affrontements qui semblent inévitables après l’intervention violente de ce matin.

À l’aube, les forces policières ont délogé avec violence les quelques milliers de contestataires qui campaient depuis dix jours sur la place de la Liberté. Les campeurs assuraient la continuité des manifestations contre le résultat des récentes élections présidentielles. Les protestations rassemblaient quotidiennement plus de 50 000 personnes. J’avais commencé hier la liste des noms affichés sur la centaine de tentes installées sur la place : Sisian, Vardenis, Erevan, Gyumri… ce sont les noms des villes arméniennes d’où venaient les contestataires. Une tente s’appelait : Los Angelos.

J’ai aperçu moi-même les policiers qui allaient à l’assaut de la place située à cent mètres de chez moi. On parle de plusieurs blessés et d’un mort (?). Le chef des contestataires, Levon Ter Petrossian, était présent. Il affirme qu’on l’a enlevé de force en lui tordant le bras—ça me parait vraisemblable. Il serait maintenant chez lui ; à la television, les représentants du pouvoir ont signifié qu’il leur serait impossible d’assurer sa securité s’il quittait sa maison. La télévision, il faut le dire, ne donne que la version officielle des événements ou diffuse des vieux films ou des vidéoclips.

Il se joue évidemment une partie compliquée entre Levon et Robert, le président sortant. Celui-ci serait peut-être même en train d’essayer d’écarter ou de diminuer le pouvoir de Serge, le vainqueur officiel des élections. Ce n’est qu’une hypothèse, et pas la mienne.

>>> 22:25 - On rapporte que des voitures sont en flammes sur l’avenue principale.
>>> 22:31 - Déclaration de l’état d'urgence à la télévision (pour vingt jours). La presse sera controlée. Les blogs? Je ne sais pas.
>>> 22:48 - Des amis qui reviennent de la rue signalent l’arrivée de soldats armés de mitraillettes. On parle déjà de 120 morts (INFORMATION NON-CONFIRMÉE). Un contact à l’hôpital dit que le personnel ne suffit pas.

L’Internet sera-t-il coupé?

>>> 23:04 - Information téléphonique : Voitures de police en flammes. On dit que la colère des manifestants est terrible.
>>> 0:22 - Le calme est revenu en ville. La police tient les points stratégiques.
>>> 0:38 - Deux chars d’assaut passent sur l’avenue Mashtots.
>>> 01:43 - Il y a du mouvement en ville, des véhicules lourds qui passent. On compte malheureusement deux morts, un civil et un policier. C'est déjà trop, mais c’est beaucoup moins que ce que la rumeur disait plus tôt en soirée. Une conversation téléphonique entendue par hasard signale 70 blessés dans un hôpital de la capitale.

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Articles précédents, dans la série « désordre en Arménie »:

#1 Brouillamini
#2 Pizzas pour tous
#3 La Place de la Libert
é
#4 La grande rumeur


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[Image : La blanche nuit par reading_is_dangerous]

LA GRANDE RUMEUR



= désordre en Arménie =
4

Sept heures du matin. J’entends une grande rumeur en provenance de la place de l’Opéra où campent des centaines, peut-être des milliers de personnes qui contestent le résultat des dernières élections présidentielles en Arménie.

Il y a le cri des corneilles—elles sont nombreuses—mais aussi des cris, et des bruits que je n’arrive pas à expliquer, et des voix qui viennent d’un haut-parleur. J’ai vu plusieurs voitures qui passaient… certaines qui appartiennent à la police…

Je devrais sortir pour aller enquêter sur cette clameur… Mais je préfère aller me coucher. Qu’il se passe réellement quelque chose ou non, ça revient presque au même. C’est ça, le monde moderne.


Articles précédents, dans la série « désordre en Arménie »:
#1 Brouillamini
#2 Pizzas pour tous
#3 La Place de la Libert
é


>>> 7:10 AM - Je viens d’apercevoir une centaine d’hommes qui traversaient au pas de course, deux par deux, le petit parc situé en bas de chez moi.
>>> 7:23 AM - Deux camions qui ressemblent à des canons à eau viennent d’arriver.

>>> 7:26 AM - Je vais au lit.

>>> 14:22 - Les nouvelles sont grises. Les policiers ont vidé la place avec violence et c’est une atmosphère sinistre qui règne dans la rue.

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[Image: Nous nous excusons pour cette interruption de notre programme régulier par reading_is_dangerous]

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