dimanche 4 novembre 2007

DES PERLES TROP LOURDES


Il a toujours cru qu’il savait écrire, qu’il saurait écrire, qu’il s’y mettrait un jour, qu’il coucherait des mots, beaucoup de mots, des mots merveilleusement bien placés les uns après les autres, qui emporteraient le lecteur loin de sa chaise, loin de ses préoccupations quotidiennes, loin des petits tracas, des petits bobos, des petites peines, loin des désastres, de la peur, de l’ennui, au-delà du réel, de la vérité, du mensonge. Vers un univers poétique : voilà à quoi il songeait, voilà la route qu’il cherchait, qu’il espérait trouver, mais il ne cherchait guère. Il attendait, il attendait que la route vienne un jour à lui, « tiens, » se disait-il, « tiens, tiens, » continuait-il, « serait-ce enfin un bout de route que j’aperçois en train que de naître sous mes pieds, » mais il ne bougeait pas, il n’avait jamais fait un seul pas, ses orteils, ses orteils n’étaient déjà plus en état de voyager, ses orteils avaient pris racine, mal, de travers, trop près d’un énorme rocher, à trop grande distance d’un point d’eau. Sans eau, comment écrire ?

Il ne savait rien ou presque. C’est pourquoi il inventait des murs, des déserts, des cordelettes, des poisons bizarres, des noms incroyables, des pilules de chance, des ciels ambitieux, des perles trop lourdes pour qu’on puisse les remonter à la surface des eaux, de la mer, hors des vagues, à l’abri des poulpes, des pirates, des escrocs, des voleurs, des agents de l’État, des spécialistes, etc. De toute façon il ne savait pas nager, pas en dehors de l’eau.

De temps à autre il s’arrêtait pour cueillir une jolie fleur, mais ça le ralentissait. La vitesse et l’accélération sont des déesses capricieuses. Demandez aux étoiles ! Elles ne s’arrêtent jamais ! Prudentes, prudentes les étoiles ! Elles vont ! Elles vont ! Légères! Légères!

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[Image : La fleur de route par reading_is_dangerous]

4 commentaires:

  1. L'énergie d'une particule libre au repos, est égale à sa masse multipliée par le carré de la vitesse de la lumière dans vide.

    Quelle équation égalisera la lourdeur des perles ?

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  2. Bizarement ,je me
    retrouve dans ce texte.

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  3. without those gold atoms
    he falls apart

    the gold atom
    is the north star

    he is the wanderer
    on a dark night
    across the dry desert

    the gold atom is not a person
    it is the ideal that he
    has always wanted to reach for,

    to grasp in his hand
    to taste in his mouth
    to feel in his arms

    he searches and wanders
    and never stops
    until he finds the highest truth

    sometimes bits of truths come
    in the form of flowers
    along the road, and so he
    stoops to pick them up

    he thinks his journey
    is delayed if he does that
    but it can't be helped

    he thinks that the highest
    truth he is aiming for
    is love ~ yes, it must be love
    for nothing else is
    greater
    and higher

    but he has doubts about
    his ability to love

    he is not sure if he can
    swim if he is out of
    the water

    love for him is wrapped in words
    and he is good at wordweaving
    his words are like arrows
    they fly straight into
    the hardest of hearts
    and turns thoughts into
    tangible things

    and makes people believe
    in things that he himself
    has a hard time believing

    he realizes that words
    cannot materialize before him
    the love that he is searching
    for

    because love is immune
    from words

    even the best wordweaver
    and the most adept magician
    couldn't conjure love
    out of words

    and dreams

    but
    he is
    on the right road

    he knows his north star
    and he hasn't really strayed
    from its light since that time

    he bid those demons
    goodbye

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